La Gemmothérapie

C’est quoi la gemmothérapie ?      

Un peu d’histoire    

Le mot « gemmae » provient du latin et signifie bourgeons. C’est au moyen âge que l’on commença à utiliser des bourgeons pour se soigner. Les anciennes pharmacopées mentionnent plus spécialement l’utilisation des bourgeons de peuplier dans la préparation de l’onguent de peuplier et les bourgeons de sapin pour la préparation de tisanes et d’un sirop pectoral.

Dans les années 60, des recherches sur la faculté des extraits de bourgeons à préserver le bon fonctionnement de l’organisme ont été publiées. A ce moment, on appelait cette médecine la « Phytoembryothérapie ». Au fil des années, cette discipline a été reprise et développée pour devenir la Gemmothérapie.

Aujourd’hui, nous utilisons le terme gemmothérapie pour parler de la médecine des bourgeons. Elle fait partie de la famille des phytothérapies. La gemmothérapie utilise les tissus embryonnaires frais des plantes, arbres et arbustes, c’est-à-dire les bourgeons, les jeunes pousses et les radicelles.

Les avantages des bourgeons  

En théorie, les bourgeons auraient des propriétés thérapeutiques supérieures aux autres parties des plantes. Le bourgeon, étant un embryon, il porterait en lui le potentiel de développement de la plante. Il est un peu comme les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs et les fruits en même temps. Il contient également de fortes concentrations d’éléments actifs comme des hormones, des oligo-éléments, des vitamines, des minéraux, etc. On parle de globalité du bourgeon.

Mais il ne faut tout de même pas oublier, que la croissance de la plante joue un rôle. Donc le bourgeon ne peut pas avoir toutes les vertus de la plante. Même si afin qu’il conserve toute sa force, sa pureté et toutes ses qualités, le bourgeon est récolté juste avant son éclosion.    

La Gemmothérapie sous quelles formes ?  

La 1ère forme sous laquelle nous retrouvons les bourgeons en gemmothérapie est le macérat. Pour former le macérat, les bourgeons sont mis à macérer dans un mélange eau-glycérine-alcool pendant 21 jours, puis filtrés. La substance obtenue, appelée « macérat-mère », se compare à la teinture-mère, la base des solutions phytothérapeutiques. Le macérat de bourgeons est cependant moins concentré que la teinture, avec une dilution de 1/20 plutôt que 1/10. On le consomme habituellement dilué dans un peu d’eau. La posologie varie selon le produit. En général, on prend de 5 à 15 gouttes par jour (en une seule dose ou à raison de deux ou trois par jour).     

La seconde forme est en dilution. Aussi appelée la forme 1D, elle correspond à une forme 10 fois plus diluée que le macérat. Les bourgeons sont mis à macération uniquement dans de l’alcool et de la glycérine. Cette technique est inspirée de l’homéopathie mais reste bien plus concentrée que cette dernière.  

Il y a une troisième forme sous laquelle nous pouvons retrouver nos bourgeons. Se sont les sirops. Ils sont issus de recettes ancestrales complexes, qui mélangent des baies, des plantes sèches, de la propolis, des huiles essentielles et des macérats. Ils sont d’une efficacité redoutable pour nos voies respiratoires.   

Enfin, aujourd’hui, la gemmothérapie se démocratise. Les laboratoires Herbalgem viennent de lancer une gamme de gummies. Se sont des gommes qui ressemblent à des bonbons, au gout fruité. Il y en a pour le sommeil, la digestion, l’immunité, l’état grippal et le stress. Ils sont adaptés aux enfants à partir de 6 ans, et aussi aux femmes enceintes. Ce qui est le cas pour toute la gemmothérapie d’ailleurs.    

Les bienfaits de la gemmothérapie    

La gemmothérapie permet de soulager de nombreux maux tels que les troubles cardiovasculaires, articulaires et liés au sommeil. D'une manière générale, elle permet de renforcer les défenses naturelles de l'organisme et contribue au bien-être global. Une cure de gemmothérapie doit durer entre deux et trois semaine.

Voici une liste non-exhaustive des maladies et bourgeons qui permettent de les traiter :   

  • Maladies cardio-vasculaires : Aubépine, Tilleul, Amandier    
  • Détoxification de l’organisme : Tilleul, Romarin, Amandier, Bouleau, Cassis   
  • Sommeil et fatigue : Figuier, Cassis, Thym    
  • Trouble arthritiques : Bouleau, Gui, Pin    
  • Immunité : Vigne, Romarin    
  • Cellulite : Frêne, Genévrier     

Comment utiliser la gemmothérapie ?  

Les macérats de bourgeons se prennent par voie orale, purs ou dilués, en dehors des repas pour un résultat optimal. De manière générale, la gemmothérapie s’utilise chroniquement, en cure de 3 semaines. Les cures peuvent être renouvelées après un minimum d’1 semaine d’arrêt.

L’ingestion des macérats de bourgeons peut se faire dans un support comme un verre d’eau ou une cuillère de miel pour faciliter la prise. Celle-ci sera optimale si elle est réalisée en dehors des repas afin d’atteindre plus facilement et directement l’organisme.   

Quels dosages ?  

  • Adultes et adolescents 5 à 15 gouttes par jour dans un verre d'eau (ou pures), 15 minutes avant le repas, pendant 3 semaines. Commencer par 5 gouttes et augmenter au fur et à mesure.
  • Enfants de + de 3 ans 1 goutte par jour pour 10 kilos, en commençant par une goutte et en augmentant progressivement la dose. Exemple : un enfant de 9 ans pesant 40 kilos pourra ingérer jusqu'à 4 gouttes.
  • Femmes enceintes Se limiter à 5 gouttes maximum par jour, sur avis médical seulement.    

Les différents types de cure   

La cure ponctuelle a généralement une visée curative, pour agir sur un symptôme en particulier, aider le corps à résoudre certaines affections, prévenir certains troubles ou réaliser un drainage saisonnier. Elle dure 3 semaines et peut être poursuivie par une cure longue si nécessaire, pour un entretien à long terme.

Les cures longues, ou préventives, sont utiles pour les troubles chroniques, ou qui sont amenés à durer un certain temps. Il peut s’agir de troubles hormonaux (ménopause par exemple), cardiaques, intestinaux, métaboliques (cholestérol) etc. Une seule cure n’est généralement pas suffisante pour ce genre de problèmes, les macérats de bourgeons ont alors besoin de temps pour agir de façon durable. Il se peut toutefois que la posologie ou les traitements utilisés évoluent au cours du temps. Les cures longues sont généralement privilégiées en gemmothérapie. Ces cures durent plusieurs mois, avec un rythme de 3 semaines de prise par mois et 1 semaine de pause.  

Enfin, il y a les cures d’entretien. Lorsque les troubles persistent malgré une cure ponctuelle puis une cure longue, et à condition que le ou les macérats utilisés agissent bien à l’origine du trouble et non pas juste sur les symptômes, il peut être nécessaire de procéder à une cure d’entretien, qui s’inscrit dans la durée. Les cures d’entretien sont entre autres intéressantes après 40 ans, pour maintenir les fonctions physiologiques en bonne santé. Plusieurs rythmes d’utilisation peuvent être pratiqués, 10 jours par mois, 3 semaines par trimestre, ou 3 jours par semaine.     

La gemmothérapie et les animaux  

L'utilisation de la gemmothérapie pour les animaux est très fréquente et donne de très bons résultats notamment sur les aspects anti-inflammatoire (cassis) et digestif (airelle). Il est recommandé 1 goutte par 10kg de poids corporel à diluer dans la gamelle. Pour nos amis les chats, l'ingestion peut s'avérer difficile. Il vaut mieux appliquer la goutte sur un support que votre animal affectionne.

Précautions    

La gemmothérapie est à éviter :

  • pour les personnes en sevrage alcoolique ou épileptiques.
  • pour les femmes enceintes, il est important de respecter la posologie.
  • ne pas donner de bourgeons ayant une action hormonale (airelle, framboisier, séquoia, chêne), à une femme enceinte, ou ayant des antécédents de cancer hormonaux dépendant.
  • pour les patients sous anti-coagulant, éviter les bourgeons d’Aulne, Cornouiller, Peuplier, Gingko biloba.
  • les jeunes pousses de genévrier (Juniperus communes) sont à éviter pour les patients en insuffisances rénales.
  • en cas d‘œdème de la femme enceinte, utiliser si besoin les jeunes pousses de genévrier qu’à la fin du 3ème trimestre (action tonifiante sur l’utérus) pour drainer les reins et faciliter l’accouchement.
  • le bourgeon de Bouleau (Betula) est à éviter pour les patients allergiques aux dérivés salicylés.
  • l'Aulne (Alnus glutinosa) ne doit pas être administré pendant l’allaitement car il diminue le gonflement mammaire et entraine une action galactofuge.
  • l'Arbre de Judée (Cerquis siliquastrum) offre une action anti-thrombose majeure ; à ne prescrire que pour des indications cliniques déterminées et jamais pendant la grossesse.
  • Romarin (Rosmarinus off): ne pas prescrire le soir car outre son effet drainage du foie et des voies biliaires, il a une action stimulante sur le cerveau.
  • le bourgeon de cassis (Ribes nigrum) est à pendre de préférence le matin pour bénéficier de la sécrétion physiologique des corticostéroïdes des glandes surrénales (8h/10h).
  • éviter sur le long terme pour les sujets hypertendus.  

Conclusion  

La gemmothérapie reste une médecine douce. Bien que de plus en plus populaire, elle reste critiquée et/ou controversée. En effet, il n’y a pas d’études scientifiques poussées qui prouve l’efficacité de la gemmothérapie. Mais il en est de même pour bon nombre de médecines alternatives et douces comme le jeûne par exemple. On peut donc se poser la question pourquoi ?

 

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